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Guillaume Long – Auteur de « À boire et à manger » – deuxième partie

Samedi passé, nous avons publié la première partie de l'interview de Guillaume Long. Nous avons parlé avec lui du festival BD-FIL et de sa soirée culinaro-dessinée. Nous avons aussi parlé de son blog et du contact qu'il a avec ses lecteurs. Dans la deuxième partie, nous parlons plus de la cuisine. D'où vient son amour pour la cuisine ? Vous le saurez en lisant la suite de notre interview !

Si on veut réussir un repas où Guillaume Long est présent… peut-on se fier à la bande-dessinée pour trouver tous tes goûts ?

Oui oui on peut avoir une bonne idée de mes goûtsLes histoires sont fictionnelles, mais les gens et les sujets dont je parle, c’est des choses qui m’intéressent. Je serai incapable de parler de chose qui ne m’intéresse pas !

Donc pas de petits pois (ndrl : il en a parlé lors de sa présentation au festival)

Si si, il y aura une note pour parler de ça (ndrl: dans A boire et à manger II), mais pour dire que je n’aime pas ! Pour dire qu’il ne faut absolument pas en acheter ! J’aimerais bien couler le marché des boîtes de petits pois ! C’est une ambition prochaine ! J’aimerais bien que ça fasse faillite ce truc et qu’il y en ait plus jamais ! Non, parce qu’en fait j’adore les petits pois frais ou surgelés - ça a un goût extraordinaire ! - mais en boîte c’est sucré c’est un truc…

en plus d’un vert…

Ben ouais ! En boîte c’est tout gris, tout mou…c’est atroce ! Mais, à part ça, j’ai rien contre les légumes en boîte parce que, par exemple, les flageolets ou le maïs ne me posent pas de problème ! Je précise !

Finalement, une telle passion pour la cuisine, pourquoi n’être pas parti dans le domaine en ouvrant un restaurant par exemple ?

Oh ben parce que c’est beaucoup trop fatiguant… je suis bien derrière mes planches. Un restaurant à gérer, c’est une usine que je serai bien incapable à faire. En plus il faut cuisiner, il faut porter des trucs hyper lourds, faire attention à l’hygiène, et tout… c’est pas du tout mon truc ! Moi je cuisine en dilettante, pour me faire plaisir. Mais après on verra, si j’échoue complétement en BD peut-être que j’ouvrirai un restaurant. C’est sûr c’est un truc qui m’a toujours tenté aussi, mais c’est un autre métier donc il faudrait que j’apprenne ça.

D’où vient cet attrait pour la cuisine ? Il vient de quelqu’un en particulier ? C’est dans les gênes ?

De ma mère en fait… j’ai jamais appris à cuisiner, mais par contre, j’ai toujours baigné, quand j’étais petit, dans une ambiance de cuisine. Ma mère cuisine toujours beaucoup et fait des plats de plus en plus compliqués que je serais complétement incapable de faire. Mais quand j’étais petit, je faisais souvent mes devoirs sur la table de la cuisine et ma mère me faisait réciter alors qu’elle était en train de cuisiner. Je pense que ça m’a marqué cette ambiance ; de tout le temps avoir des plats fumants, des odeurs incroyables et des bruits. Après j’ai un frère qui n’est pas du tout intéressé par la cuisine  mais qui, pourtant, a grandi dans la même pièce que moi, enfin dans la même maison.

On avait lu dans un interview sur internet, il y a quelque temps, où tu disais que tu n’inventais aucune recette. Est-ce que maintenant il y en a quelques unes où on peut dire que c’est « © Guillaume Long » ?

Non non non non….ben non c’est vachement dur d’inventer des recettes. En plus avec les sites Internet comme Marmiton et tous les sites/blogs de cuisine qu’il y a, franchement pour inventer une recette, il faut être super balèze, à moins de faire un truc complément horrible auquel personne n’a jamais pensé parce que c’est dégueulasse. Moi je lis les recettes et les réarrange. La seule recette que j’ai inventée, j’en parle dans mon blog : c’est les pâtes au reblochon et aux aubergines. J’avais fait une fois des pâtes et j’avais un reste d’aubergines. Je les avais mélangé à la poêle et dessus j’avais fait fondre du reblochon. J’avais trouvé ça super bon et tous les gens à qui j’ai fait goûté avaient trouvé ça dégueulasse ! Voilà…c’est la seule recette que j’ai inventée…[rire] Voilà pour les vocations. [rire] Mais moi je trouvais ça objectivement très bon et les gens m’ont dit « on a l’impression de manger une éponge avec des pâtes dessus » Et d’ailleurs ce sera la première page du tome 2 d’ À boire et à manger ; ce sera la préface.

Sur Twitter tu as lancé un nouveau hashtag désormais culte #MMJM (mercredi midi je mange). Est-ce que tu t’attendais à ce succès ? Est-ce que tu es satisfait de ce succès ?

Pour le moment il n’y a pas encore beaucoup de monde qui s’y intéresse, mais j’espère passer en Top Tweet (TT) bientôt ! En fait ça m’intéressait de savoir – j’aurais pu choisir un autre jour ! – je trouve ça marrant de savoir à un moment donné de la semaine ce que tout le monde mange, le même jour à la même heure. Y a des choses très différentes. J’ai choisi le mercredi midi pour pas que les gens se préparent des trucs de fou le soir. Si j’avais demandé le samedi soir, ça aurait un peu faussé la donne parce qu’il y aurait eu presque que des plats genre…je sais pas moi…mais le samedi soir, les gens ils cuisinent, ils se font des trucs bien. Le mercredi midi, souvent les gens ont des enfants, donc on a une sorte de panel comme ça et on s’aperçoit qu’il y a des gens qui ont cuisiné des steaks frites pour leurs gamins, qu’il y a des gens qui ont pas le temps et qui vont à la cantine du boulot, mais on s’aperçoit aussi qu’il y a des gens qui, quand même, prennent le temps de se cuisiner des choses vachement élaborées, donc c’est marrant. C’est ma curiosité quoi ! Et vous connaissez le dessinateur Boulet ? Lui une fois il m’a dit « mercredi midi je mange mes ongles ». Il avait rien à bouffer et il était en train de bouffer les ongles parce qu’il terminait une planche… donc il y a vraiment de tout ! […]

En tout cas, ça donne faim quand on regarde toutes ces photos…

C’est aussi un des buts de ce blog. J’essaie de m’adresser à des gens qui en ont rien à foutre de la cuisine ou qui ne prennent pas le temps de se faire à manger. J’aimerais bien qu’ils lisent mes notes et qu’ils se disent « ah je vais me faire un truc sympa à manger ». C’était un peu le but et je m’aperçois que je suis beaucoup lu par des étudiants qui effectivement découvrent des choses. Par exemple, j’avais fait une note sur le radis noir et j’ai reçu plein de mail de gens qui me disaient « Merci ! Grâce à vous j’ai découvert ce truc ! Je savais jamais comment m’en servir, comment le manger » et pour des choses comme ça je suis vachement content de faire ce que je fais.

C’est vrai qu’à l’Université de Lausanne, on peut recevoir un panier par semaine de légumes et souvent y a des trucs qu’on connaît pas…

Oui et avec les légumes, il y a une espèce d’inhibition, parce que les gens ne savent jamais comment les aborder. Ils voient des carottes, à la limite ça se râpe, mais tu vois un radis noir ou par exemple des brocolis… parce qu’en fait, quand on est petit, on a le palet qui est formé pour le sucré et l’acide. C’est pour ça que les bonbons Haribo, par exemple, ça marche vachement bien ! Par contre, tout ce qui est amer et salé ça vient après, à la puberté. Et les enfants vont bouffer du brocoli ou des épinards, des trucs infâmes souvent en boîte ou souvent trop cuit ; ils vont avoir l’impression qu’ils n’aiment pas et puis, quand ils sont grands, ils restent sur un truc comme ça. J’essaie de leur montrer que du brocoli ça peut être très bon et très simple à préparer (ndrl : voir la note du brocolounge). Ça prend deux minutes, on fait blanchir dans l’eau, on mange avec de la sauce soja et c’est parfait. Pas besoin de faire un gratin, des soupes, ou je ne sais pas…

Alors justement pour terminer, on  pensait un peu à une question "bateau". Quelle recette, que tu adores, pourrais-tu nous donner pour exciter nos papilles ainsi que celles de nos lecteurs ?

On me pose souvent cette question et je réponds toujours par la salade de tomate, qui est ma recette préférée, car c’est la plus simple et la plus forte en goût par rapport à la technique que ça demande. C’est-à-dire que la salade de tomate, on coupe des tomates – il faut des bonnes tomates par contre ! C’est ça la grosse difficulté, car dans le commerce il n’y a plus de bonnes tomates. Il faut aller dans un jardin ou trouver une Coop Bio ou je ne sais pas quoi. Tu coupes les tomates, tu les arroses d’huile d’olive, sel-poivre, tu mets du basilic frais dessus, tu mets des bonnes tranches de mozzarella di Buffala et t’as un goût qui est exceptionnel pour un effort qui est vraiment du genre 2 minutes. Enfin moi je trouve que c’est la recette la plus efficace avec la côte de bœuf en barbecue, mais là il faut savoir faire un feu, c’est un peu plus complexe à faire.

Nous remercions encore une fois Guillaume pour cette interview et le temps qu’il nous a consacré. Pour ceux qui ont l’eau à la bouche, le tome 1 d’A boire et à manger (dédicacé !) est à gagner pour l'ouverture de notre site ! Le second tome sort en librairie le 8 novembre. D'ici là, encore une fois, allez visiter le blog d'À boire et à manger, suivez-le sur Twitter ou aimez sa page Facebook !

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