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Inspiration

Bio et bio

Premier article d’une petite série quant au thème d’ « une réflexion autour de notre alimentation ». Le bio (biologique) est depuis des années de plus en plus présent sur les étalages de nos commerces, tout comme sur les marchés. Moi je me pose la question depuis quelques mois, si ce mode de consommation n’est plutôt devenu une mode ou une brèche supplémentaire pour l’industrie alimentaire, afin de faire du profit. Manger bio c’est manger sain et manger en harmonie avec la planète, pensent beaucoup de gens. Un meilleur goût pour des aliments, que ce soit légumes, fruits, féculents ou viandes. Un plus pour notre planète. Un plus pour notre santé. Un plus pour les générations à venir. Que d’avantages… Mais est-ce que les gens regardent assez loin ?

A mon avis, le grand problème des gens qui achètent bio (je fais ici une généralité, je m’en rends bien compte, mais je suis obligé) c’est qu’ils pensent acheter le meilleur qui soit sur le marché. Le meilleur pour avoir une majorité de « plus », comme je les énonçais avant. Comme si une instance suprême allait vous mettre des « plus » sur une liste comme à l’école. Non. Mais les gens ont bonne conscience. J’achète de la viande bio, des légumes et des fruits bio, donc je suis en accord avec la Nature. Vraiment ?

Acheter bio ne veut pas dire acheter local.

Lorsque j’écris cela, je pense naturellement au « local » dans le sens de régional, de proximité. Si seulement je pouvais me restreindre à ceci. Non, « local » est ici un aliment qui vient du pays. Ce serait déjà très beau si les aliments (bio ou non) venaient tous du pays. Bien sûr, laissons les Etats-Unis de côté. C’est une autre dimension. Comme je l’ai énoncé, une grande partie de nos aliments bio ne proviennent pas de chez nous. Les pommes-de-terre nouvelles bio viennent d’Israël ou d’Egypte. Les tomates bio viennent d’Espagne. Les fraises bio idem. Les Asperges bio du Chili ou d’Afrique du Sud. Les Kiwis bio de Nouvelle Zélande. Le cheval bio du Canada. Les œufs bio des Pays-Bas. Ces exemples ne sont qu’une mince partie de ce que l’on trouve au supermarché. Il est pourtant possible de trouver ces aliments, bio ou non, chez nous, de la région. Mais ce n’est pas une mince affaire. En effet, il faut passer à travers les différentes actions hebdomadaires (qui n’a pas déjà vu des fraises en action en décembre ?) et passer à travers la guerres des étiquettes sur les emballages. Acheter bio ne veut pas dire acheter local et c’est bien ce à quoi peu de consommateurs pensent et ce qui me rend dingue. Il suffit de faire un tour dans un supermarché, vous verrez par vos propres yeux. Si vous voulez rester assis, visualisez simplement cette vidéo (en allemand) : https://www.youtube.com/watch?v=8vvxy05idd4

L’exemple des pommes-de-terre est il me semble des plus pertinents. Ces dernières sont plantées en Egypte ou Israël (si ce n’est que pour citer ces deux pays – et n’y voyez pas de dénonciation malvenue). Au vu de la chaleur et de la température locale de ces pays, c’est des millions de litres d’eau qui sont nécessaires pour faire pousser ces pommes-de-terre. Arrivées à maturation, elles sont récoltées, puis envoyées en Europe de l’ouest, par camion et/ou bateau. Elles sont bio ces pommes-de-terre, ne l’oubliez pas. Bio. On va les acheter en pensant faire du bien à la nature. Pas de pesticide. Pas de produits chimiques. Mais de l’essence. Du pétrole. De l’eau. Des litres et des litres.

L’autre solution pour des pommes-de-terre bio est donc celles que l’on peut trouver vers chez soi, au marché. Citadins comme villageois, les marchés, vous les connaissez. Des pommes-de-terre bio vous trouverez, locales et bonnes à souhait.

Il y a donc bio et bio. Est-ce vraiment mieux d’acheter des pommes-de-terre bio qui viennent d’ailleurs ? Surtout, disons-le, le climat suisse (français ou allemand) est des meilleurs pour la culture de ce féculent. La meilleure solution ? Acheter bio et local à mon avis. Ceci est donc entièrement lié avec les saisons. En effet, il faut attendre quelques semaines de plus pour avoir des pommes-de-terre nouvelles bios de Suisse que des pommes-de-terre nouvelles bios d’Israël. Et celles de Suisse, ce n’est pas dans les grands commerces qu’elles sont forcément présentes. Les coûts sont autres également. Pour le magasin comme pour le client. Mais il est probablement mieux de laisser le client croire qu’il achète quelque chose de sain, pour lui, comme pour la Terre que de faire un effort pour du « biolocal » et non du « bioduboutdumonde ». Nous prend-on pour des imbéciles ? Certaines fois, j’en ai bien l’impression. Une dernière question se pose peut-être lorsque l’on ne peut pas, pour diverses raisons, pécuniaires peut-être, acheter bio et local : qu’est-ce mieux ? Bio du bout du monde ou local, mais pas forcément bio ?

 

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